Cette saison, nous mettons à l’honneur trois des expéditions les plus engagées du pourtour arctique : la traversée du Groenland d’ouest en est, soit 550 km sur l’inlandsis.Le Passage du Nord-Ouest, 400 km sur la banquise de l’Arctique canadien, dans le sillage d’Amundsen et la traversée intégrale du Spitzberg, du sud au nord, 600 km entre 76° et 80° de latitude nord.
Trois univers a priori semblables, mais pourtant bien différents. Sébastien Royer, notre chef de secteur Terres polaires et guide, les connaît de l’intérieur : il détaille ce qui distingue véritablement chacune de ces expéditions.
Chez Expeditions Unlimited, les grandes traversées polaires forment la famille des expéditions de « niveau 3 ». Elles se caractérisent par une autonomie totale sur de très grandes distances et par des durées allant de 28 à 35 jours, avec des températures pouvant atteindre –40 °C… Bref, l’aventure comme nous la concevons !
Sur le papier, elles se ressemblent toutes. Sur le terrain, chacune possède sa propre « personnalité ». Sébastien Royer, notre chef de secteur Terres polaires, guide et grand connaisseur de l’Arctique, en a parcouru les glaciers, les banquises et les calottes glaciaires. Il revient sur ce qui distingue nos trois plus grandes expéditions.
La traversée du Groenland d'ouest en est : l'inlandsis

© Sébastien Royer
C’est la traversée la plus emblématique : d’une côte à l’autre, de la mer de Baffin à la mer du Groenland. L’accès est assez aisé dans le sens ouest-est, car nous rejoignons l’aéroport de Kangerlussuaq, bien desservi depuis Copenhague. Nous disposons d’un stock de matériel à proximité de l’aéroport ainsi que d’un camp de base bien organisé pour préparer notre équipement et répartir un mois d’autonomie dans les pulkas. Un transfert de 50 km nous conduit dans la moraine, au « point 660 », au pied des glaciers qui descendent de la calotte glaciaire.
L’effort le plus exigeant se concentre sur les trois premiers jours : il faut tracter nos pulkas de 70 kg en montée, à travers les méandres des glaciers, afin de prendre de l’altitude et de rejoindre l’inlandsis. Les crampons sont souvent nécessaires pour progresser sur les rivières gelées, dans un incroyable univers bleuté.
À partir du quatrième jour, le terrain devient plus doux et la montée se poursuit régulièrement jusqu’à l’ancienne base radar américaine DYE-2, située à 2 150 m d’altitude. La découverte de cette base, véritable vestige de la guerre froide, constitue un objectif absolument fascinant.
Une certaine discipline s’installe, avec 20 à 25 km à parcourir quotidiennement. Nous partons généralement à la fin du mois d’avril pour atteindre l’autre côté à la fin du mois de mai. Nous évoluons à une latitude relativement basse et, même si les températures peuvent être froides au début, elles remontent assez rapidement au cours de l’expédition. La surface devient alors bien glissante pour nos pulkas, tandis que les températures sous la tente sont particulièrement agréables lorsque le soleil brille.
Depuis la côte est, au terme de 28 à 30 jours de traversée, nous rejoignons Tasiilaq en hélicoptère, avant de prendre un vol pour l’Islande.
Pour résumer, le défi de cette traversée réside avant tout dans l’endurance mentale, plus encore que dans l’effort physique. Il est bien sûr indispensable de maîtriser parfaitement les techniques de gestion du bivouac : montage et protection de la tente, utilisation du réchaud… et d’avoir testé l’intégralité de son équipement personnel : chaussures de ski, gants, etc.
Depuis 2017, Expeditions Unlimited est la seule organisation francophone à proposer cette expédition.
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Le Passage du Nord-Ouest : sur la banquise et les traces d'Amundsen

© Sébastien Royer
L’Arctique canadien a ceci de particulier par rapport au Groenland : le froid !
En effet, malgré une latitude légèrement plus septentrionale que celle de la traversée du Groenland, le Nunavut ne bénéficie pas de l’influence du Gulf Stream. Les températures rencontrées au mois d’avril y sont souvent proches de –30 °C.
Ce sont bien ces températures que nous avons rencontrées au cours de l’édition 2026 de cette expédition, durant les 400 km et les 21 jours de traversée entre les communautés inuites de Cambridge Bay et de Gjoa Haven. Lorsque le vent est de la partie, les températures ressenties descendent en dessous de –40°C.
Le deuxième défi auquel nous devons faire face est le terrain : les deux tiers du parcours empruntent la banquise, bien solide à cette époque, mais rarement aussi plate qu’on pourrait l’imaginer. Les accumulations de neige en surface forment des « sastrugis », des lames de neige dure qu’il faut négocier.
À mi-parcours, une fois Jenny Island dépassée, la banquise est soumise à un fort courant venu du nord. Nous devons alors progresser à travers un fantastique chaos de glace, qu’il faut savoir lire afin de trouver un passage. Le franchissement de cette zone demande un engagement physique certain pour faire passer nos pulkas.
Qui dit banquise dit habitat de l’ours polaire ! Il est possible d’en croiser durant l’expédition. Ces rencontres, fortes en émotions, exigent le respect d’un protocole bien précis, que nous maîtrisons parfaitement.
Cette expédition se situe clairement un cran au-dessus de la traversée du Groenland en termes d’engagement, et les personnes ayant relevé ce défi sont peu nombreuses. C’est clairement l’aventure comme nous l’aimons chez Expeditions Unlimited !
Nous vous préparons spécifiquement à cette expédition, notamment grâce à une liste d’équipement très précise et adaptée aux conditions rencontrées.
Depuis 2024, Expeditions Unlimited est la seule organisation francophone à proposer cette expédition.
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La traversée du Spitzberg du sud au nord : la plus variée

© Sébastien Royer
Difficile d’aller plus au nord que le Spitzberg, à moins de rejoindre le pôle nord.
Cette expédition constitue aujourd’hui le défi ultime de notre offre, avec plus de 600 km à parcourir pour rallier la pointe sud de l’île du Spitzberg à sa pointe nord, en 32 à 35 jours.
Ici, une composante s’ajoute à la distance : le dénivelé. Nous traversons l’île essentiellement par les glaciers et les calottes glaciaires qui recouvrent le Spitzberg, et pouvons cumuler jusqu’à 6 000 m de dénivelé positif.
Les reliefs que nous traversons sont très variés et particulièrement esthétiques, des montagnes aux calottes glaciaires, en passant par la banquise.
Concernant les températures, comme au Groenland, elles peuvent frôler les –30 °C, puis remonter rapidement en fin d’expédition avec l’arrivée du printemps.
Enfin, ici plus qu’ailleurs, les ours polaires sont nombreux et la probabilité d’en rencontrer est élevée, ce qui fait grimper le niveau de l’aventure d’un cran !
Cette expédition se positionne clairement au plus haut niveau d’engagement et d’aventure de notre gamme. Elle demande une solide expérience du raid polaire ainsi qu’une motivation à toute épreuve.
Expeditions Unlimited est la seule organisation francophone à proposer cette expédition.
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Vous l’aurez compris, ces expéditions exigeantes se préparent sérieusement.
Pour cela, nous proposons toute une gamme de séjours de progression partant du stage de préparation aux expéditions polaires dans le Jura et passant par les expéditions de niveau 1 (Finlande et Spitzberg) et de Niveau 2 (Groenland) pour arriver au expéditions de Niveau 3 : les grandes traversées.
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